Publié le 30 Juillet 2009



Nous sommes maintenant à moins de 2 mois des vendanges. 2009 se présente bien d’un point de vue climatologique, même si du fait de notre retard sur les épamprages et les relevages, nous avons subi une attaque de mildiou sévère sur les Merlots. Les Cabernets et les Malbecs eux se portent plutôt bien, même si nos vignes ressemblent par certains côtés à une vraie forêt vierge.

Du coup les vendanges approchant, on se met à penser à ces 4 ou 5 jours pendant lesquels nous allons « rentrer le raisin ». Par superstition, on n’ose quand même pas y penser trop fort : 2 mois c’est long , et 10 minutes d’orage de grêle peuvent suffire à détruire nos 9 mois de labeur. Ou alors une pluie malvenue en septembre qui pourrait venir encourager le Botrytis (ou pourriture grise, son petit nom familier…) à coloniser nos raisins que nous devrions alors laisser par terre.…

Mais 2 mois c’est aussi court, pour organiser et préparer les vendange, recruter les vendangeurs, faire installer le 380V, se rappeler dans quel sens se monte le fichu piston du fouloir/égrappoir, mais aussi pour « imaginer » le vin que l’on veut faire et voir comment on peut le faire dans la boite à chaussures qui nous sert de chai. Entre nous, on jongle avec les cuves, les hectolitres et les cépages comme ce dialogue au petit déjeuner lors de notre récent séjour à « La Mare aux Oiseaux » genre :

D. : « je mettrais bien les Merlots dans la 1 (1ère cuve) et les Malbecs dans la 2 (2ème cuve...), puis on soutire 10 hl de Malbec et 10 hl de Merlot dans le Garde Vin pour faire le rosé avant ensuite de remplir la 2 avec le restant de Malbecs à ramasser et de compléter la 1 avec les Cabernets » [vous pouvez faire un dessin pour mieux suivre, c’est comme ça que nous avons fait…]
V. : « Ah oui, mais si le Garde Vin est plein on fait comment pour écouler et décuver ? »
D. :« !?!! (Bref silence perplexe de réflexion intense n’aboutissant à rien…) Faut réfléchir… »
[Reflexion intense aidée par une bonne tartine de confiture]
V. : « Et je préférerais que l’on soutire plus de Malbec pour augmenter la part de Merlot dans le rouge. On pourrait faire 18 hl de Malbec et 2 hl de Merlot dans le rosé ? »
D. : «Oui, mais n’empêche que l’on ne sait toujours pas où les mettre nos 20 hl de rosé »
V. : «  Et le « cuvon » en résine ? on pourrait le mettre dans le « cuvon » le rosé... »
D. : « Oui, mais le « cuvon » il ne fait que 10 hl… »
V. : « Oui, et je crois qu’il fuit au niveau du robinet…Faut réfléchir… »

Depuis on a eu la solution, car Michel devrait nous fournir gracieusement un « cuvon » de 10 hl. Et comme 10 et 10 font 20, ça passe. Enfin, en théorie, on verra bien en pratique. Et puis, il faut vérifier et réparer le « cuvon » qui fuit…

Et au-delà de ces contraintes logistiques et du « Comment », il y a le « Quoi », quel vin voulons-nous produire? Ce qui donne un autre genre de dialogue (dans la voiture en rentrant de « La Mare aux Oiseaux ») :

D. : « Cette année, on ne mets pas d’enzyme pour extraire ? »
V. : « Non, que du raisin dans mon vin. Même pas de sucre si on est limite en degré ! » [Notez, c’est son vin]
D. : « Faudra peut être levurer si les fermentations patinent ? »
V. : « A priori, il y a pas besoin, le chai doit être ensemencé maintenant… Et puis, je voudrais faire macérer un peu plus longtemps, pour qu’il y ait du plus de fruit et de matière. »
D. : « Faudra voir… Parce que si c’est trop vert, il faudra pas faire trop macérer »
V. : « Oui, mais comme on sort 18 hl de Malbec pour le rosé, il y aura une dominante Merlot qui lui devrait être bien mûr… »
D. : « C’est vrai, enfin bon on verra… »
V. : « Oui on verra bien, on n y est pas encore… »… mais presque…

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Rédigé par Denis

Publié dans #Au chai

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Publié le 17 Juillet 2009


Il est des escales où l’on reprend pied, des maisons que l’on découvre pour la première fois et qui pourtant semblent avoir toujours existé dans nos rêves…
Quelle surprise alors, et quel bonheur de pouvoir s’y arrêter quelques instants pour voir leurs petits trésors de nos propres yeux, écouter leur délicate musique, humer leurs parfums familiers, goûter leurs saveurs nouvelles.

Cette très belle expérience vient de nous arriver le week-end dernier en Bretagne. Pour fêter nos 15 années de vie commune, nous avions décidé de poser nos valises durant deux jours à la Mare aux Oiseaux, un hôtel-restaurant créé en 1995 par le jeune chef Eric Guérin.

Nichée au cœur des marais de la Brière sur l’île de Fédrun, cette belle chaumière a été savamment pensée pour accueillir ses hôtes dans une ambiance romantique et mystérieuse. On peut y dormir dans des chambres sur pilotis, se reposer dans le jardin entouré d’oiseaux de toutes sortes, partager un verre avec deux grues couronnées très culottées, lire aux côtés des canards les pieds au-dessus du marais… La belle salle à manger est un nid douillet pour les papilles. Les oiseaux y sont également à l’honneur : leurs sifflotements s’échappent de jolies cages ouvragées pour parvenir aux oreilles des convives dont les yeux sont attirés par de nombreuses œuvres d’art. Des oiseaux encore, sculptés dans le bois flotté, peints, en bronze, en pierre… et puis beaucoup d’autres ouvrages, dessins, peintures, tableaux de papiers, céramiques… Le tout crée une ambiance chaleureuse, comme s’il s’agissait d’une maison de famille dans laquelle les générations successives auraient déposé leurs objets préférés. Le Chef a du talent et il est curieux. Peut-être a –t-il été élevé dans le goût du beau depuis son plus jeune âge ? Sa maman possède une galerie d’art…
Cette atmosphère est renforcée par la qualité de l’équipe, dont la gentillesse le dispute à la compétence. Grâce à Olivier, un des sommeliers qui a su percer à jour notre curiosité, nous avons pu rencontrer le Chef et son second Nicolas. Ils nous ont gentiment acueilli quelques minutes en cuisine malgré le stress et la fatique d’un très long service. Quelques instants magiques pour leur dire à quel point nous avons été ravis par leur inventivité.

Si ous avez un peu de temps, allez-donc jeter un coup d'oeil sur le site : link. Vous y trouverez tous les détails ainsi que de belles photos.

Voici le détail des deux dîners que nous avons eu la chance de déguster. Nous avons tenté de prendre des photos des plats, sans flash, pour ne pas gêner nos voisins de table… et du coup elles ne sont malheureusement pas toutes réussies. Nous vous en faisons cependant partager quelques-unes unes pour vous donner une idée du travail de mise en scène. Nous nous excusons d’avance auprès des cuisiniers car la réalité était bien supérieure à l’image… Nous n’allons pas vous faire de commentaire gastronomique détaillé. Pour résumer en quelques mots, beaucoup de sucré-salé et une influence asiatique certaine. Les plats étaient ludiques et délicieux et les mariages avec les vins très réussis. C’est sûr, nous réitérerons l’expérience. La Brière n’est finalement qu’à 4 heures de route de Bordeaux… c’est pas merveilleux ça ?

Premier soir : Balade en Brière

Amuses-bouches

  • Tapenade d’anguille et ses pains plats au froment et au sarrasin
  • Verrine de brandade de cabillaud, coulis d’artichaut

Entrées

  • Compression de caviar aubergine et courgette au fromage frais, feuille de Parme, œuf de caille et (sauce) passion-estragon
  • Consommé de volaille citronnelle-galanga, sot l’y laisse, coques, foie gras et huître végétale

Plats

  • Lieu jaune de ligne, petits pois frais, (blinis de petits pois) et mélasse épicée
  • Maki de chèvre (et sorbet) au concombre

Desserts

  • Mc Iris à la myrtille (et au citron), glace persil
  • Cube choco-groseille, fine gelée à la framboise (et le sorbet aussi)

Vin

Savennières 2007 « Le Clos » du Château Plaisance, M. Rochais

Mignardises

  • Guimauve au kiwi
  • Sablé aux noisettes
  • Crumble passion-ananas à la noix de coco
  • Ganache au chocolat au lait

accompagnant un Single Malt fruité Cardhu Cask Reserve et une tisane "Bonheur" (création LMAO avec que des herbes et fleurs fraiches, un délice).


Deuxième soir : Carte Blanche au Chef

Amuses-bouches

  • Tapenade d’anguille et ses pains plats au froment et au sarrasin
  • Gaspacho de Green Zebra, fine feuille de Lomo

Entrée

  • Sardine « in the box », larme de citron vert : filet cru mariné, sardinade sur brioche aux herbes, crème de sardine
accompagnée par un Anjou 2007 "Clos des Treilles" de Nicolas Réau

Plats

  • Bille de préssée de queue de bœuf aux crevettes, bouillon au galanga
accompagnée par un Saint Véran 2007 "Vieilles Vignes" du Domaine Saumaize
  • Turbot cuit à basse température, tartare de tomate noire, samoussa aux fruits secs, sauce aux épices couscous
  • Brie farci au brocoli et à la truffe
accompagné par un Vacqueyras 2007

Dessert

  • Déclinaison de chocolat, pêche et cerise
accompagnée par un Gaillac Doux 2007 "Mauzac Roux" du Domaine Plageoles

Mignardises

On ne change pas une équipe qui gagne, même chose que la veille, mais cette fois-ci accompagnant un Bas-Armagnac 1972 de l’Aubade et un Single Malt Oban vieilli en fûts de Porto.

Et voici l'album photos : La-Mare-Aux-Oiseaux La-Mare-Aux-Oiseaux




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Rédigé par Valérie

Publié dans #A table !

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Publié le 6 Juillet 2009

Eh bien voilà, le 2008 est (enfin !) en barriques ! 

Le WE dernier, pendant une grosse demi-journée, nous avons transvasé les 3400 litres de vin de notre "gros" garde-vin vers les barriques et le "petit garde-vin" (pour le ouillage à venir).

Certes, en grands débutants que nous sommes, nous avons fait les cochons et nous en avons mis un peu partout, mais nous sommes devenus des pros de l'éponge géante...

Tout cela s'est fait tranquillement et dans les bonnes odeurs mêlées de vin et de bois. Somme toute ce fut un très agréable moment.

 A présent, nous allons le laisser se micro-oxygéner et l'élever pendant quelques mois. Une première mise en bouteilles aura vraisemblablement lieu en fin d'année.

Nous avons mis de côté une vingtaine de bouteilles pour pouvoir les comparer régulièrement avec l'évolution de l'élevage en barriques. Nous avons dégusté une première bouteille avec un plateau d'excellents fromages...  et nous l'avons trouvée super bonne (mais pouvons-nous vraiment être objectifs ?...)





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Rédigé par Valérie

Publié dans #Au chai

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